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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 23:09

La vie réserve parfois des surprises et d'incroyables coïncidences...

Après une semaine bien agitée solexistiquement parlant, j'avais décidé de partir avec mon infirmière un petit week end à fontainebleau.

Après une après midi à arpenter la forêt (à pied!), retour au camping où ma belle, qui sieste déjà, m'enjoint d'aller chercher du bois pour le feu dans le sous-bois qui jouxte notre tente. Me voilà parti, j'escalade le grillage du camping, je dérange un lapin qui s'enfuit, je ramasse quelques bûches, quand je tombe sur... un capot de volant magnétique de Solex, à moitié enfoui sous les feuilles mortes et le humus!

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Evidemment ce n'est pas les dieux qui me l'avaient envoyé pour m'indiquer la Voie, comme on pourrait facilement le penser... Plutôt une heureuse coïncidence, un signe du FATUM! Bon je remercie quand même le ciel, comme il se doit.

http://i1028.photobucket.com/albums/y349/docteur_solex/IMG_3230.jpg

 

J'ai quand même regardé aux alentours s'il n'y avait pas un cadavre sur un solex, on ne sait jamais...

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 09:09

C'est pas parce que j'ai préserré le moteur de ma mob que j'écris ce message, mais plutôt parce que je roule tous les jours dans Paris, et que j'en vois des 2 roues, et des "motards"... Pour le serrage, on verra ce qu'il en est quand j'aurai démonté le moteur.

Reprenons l'éloge de Jacques Sternberg au Solex, et sa vindicte contre les mobylettes. Morceaux choisis:

"Comme la Mobylette a l'ambition d'être une petite moto, moins rapide et plus souple, elle tente de péter plus fort que son carburateur et voue donc au Solex un mépris que celui-ci lui rend bien, à bon escient d'ailleurs: la Mobylette est l’engin préféré des prolos qui vont pointer à leur boulot en banlieue alors que le Solex est plutôt utilisé par ceux qui n'ont pas d'horaire à respecter et se disent qu'il sera toujours temps d'arriver, après les temps, à un endroit parfois assez indéfini."

"Quant à la Mobylette, elle a au moins un atout qui séduit l'ennemi inconditionnel de toute compétition qui sommeille en moi: personne n'a jamais eu l'idée d'organiser des 24 Heures du Mans pour vélomoteurs ou une Olympiade de la minable cylindrée. Mais la Mobylette dont le moteur interdit l'escalade à la performance m'a toujours semblé bruyante, salissante et son moteur perpétuellement encrassé contient encore trop de réserve de vitesse à mon goût; il faut sans cesse la surveiller avec doigté car elle éclate au quart de tour de main et dépasse la limite de prudence dans une ville où cet engin exige de ses propriétaires des réflexes qu'ils n'ont pas toujours. Soeur cadette de la moto, elle a en réalité les mêmes prétentions, en plus modeste: aller vite en faisant du slalom spectaculaire entre les automobilistes qui vouent à ces anguilles d'acier une haine qui peut aller jusqu'au meurtre."

"Peut-on me citer un homme politique, un banquier, un promoteur de choc, un évêque, un grand journaliste, une gloire littéraire qui ait préféré le Solex à la bagnole ou même au vélo qui enchante encore certains amoureux du rétro ou certains écologistes déchaînés ? Impossible. De même que la Mobylette est le véhicule du garçon livreur ou du prolo pressé de bouffer du kilomètre pour aller pointer, le Solex est le véhicule du garçon livreur ou du prolo pressé de bouffer du kilomètre pour aller pointer, le Solex est celui du calme raté, un peu employé, un peu représentant indolent de lui-même, un peu flâneur voyeur rêvasseur, qui est très évidemment en marge de son époque, de cette époque de sprints furieux, de virages pris à la corde, de folie routière, d'ambition forcenée et de rage d'arriver à plus de 200 km à l'heure au tombeau."

"Si sur la route le Solex peut passer pour le véhicule le plus lent, dans le trafic d'une ville le Solex se révèle au contraire l'engin le plus rapide. Il ignore les encombrements, se faufile partout, tourne sur place, escalade les trottoirs, remonte les sens interdits et double n'importe quelle voiture bloquée par le trafic s'il a un espace de trente centimètres pour se glisser, prouesse que même la Mobylette ne réussit pas."

Extraits du chapitre Solo pour un Solex, du livre Vivre en survivant: démission, démerde, dérive (éditions Tchou, 1977). Je vous invite une fois de plus à lire ce texte dans son entier: ici.

On aura vite compris que J. Sternberg adore son Solex et déteste la mobylette (sale, trop rapide, bruyante, dangereuse). Mais surtout ce qu'il déteste, c'est les mobeux. Pas en général, non, mais le concept de mobeu, celui pour qui la mobylette a été inventée: le mec qui veut arriver vite à sa destination, qui ne prend pas le temps de savourer son voyage. Le livreur, le garçon de course est LE type de motard que J. Sternberg déteste.

Entre les années 70 et aujourd'hui, l'usage qu'on fait des 2 roues a bien changé... Il suffit de regarder cet excellent reportage pour s'en persuader (émission Temps présent - les motards - 05/10/1972). Les motards étaient jeunes, rebelles, avides de liberté, passionnés.

Les 2 roues ont eux même bien changé: le plastique a remplacé le métal, l'électronique a remplacé la mécanique, le technico-commercial a remplacé le mécano (voir à ce sujet Eloge du carburateur - Essai sur le sens et la valeur du travail). On est passé à l'ère du SCOOTER. Je parle notamment des scooters de 125 cm3 et plus, et surtout des MP3, le truc avec 2 roues devant. Le MP3 est le summum de ce type d'engin. Ou comment associer un faux sentiment de liberté et une fausse sécurité. Pour éviter les comparaisons avec les petites roulettes qu'on met sur un vélo d'enfant, Piaggio a mis 2 roues à l'avant. Mais on est pas dupes, nous les 2 routistes. 3 roues, c'est une de trop.

Outre le nom infâme, scooter (et je ne parle pas des noms des modèles (scarabéo, Elyséo...), de cet amas de plastique, son design répugnant fait tout de courbes, il faut se poser la question de l'usage qui est fait de ce machin merdique. Quel est le type de gens qui roule en scooter? C'est très divers évidemment. Il ya même des gens bien en scooter, si si, je vous assure (lui par exemple). Mais comme J. Sternberg avec son livreur, il nous faut trancher dans le vif. Ce type, c'est le Jeune Cadre Dynamique, le JCD. Bon boulot, bon salaire, belle gueule, bien rasé, sans accrocs... Ce qu'il aime c'est pouvoir prendre le périph', pour montrer au bagnoles qu'il arrivera au boulot avant tout le monde. Mais entre les voitures embouteillées, le nombre de JCD en scooter augmentant et augmentant encore, ce sont de véritables embouteillages secondaires que vous avez sur les voies entre les voitures bloquées. En ville, ce qu'aime le JCD, c'est de démarrer en trombe quand le feu passe au vert pour se retrouver bloqué au prochain feu rouge qui ne passe au vert que quelques secondes plus tard. Et rebellote (onde verte oblige). Dans le traffic urbain, la largeur des scooters, et notamment de ces (in)fameux MP3, les empêche de se faufiler efficacement. Alors ils bloquent les interstices dans lesquels, moi, avec mon solex large de 40 cm à tout casser, j'aurai pu m'insérer. Egalement: demandez aujourd'hui à un scooteriste de remplacer sa bougie... Vous en trouverez, évidemment, mais s'il n'a pratiqué que le scooter,c'est extrêmement peu probable.

La conclusion de tout ça, c'est que la mob et le solex font maintenant partie de la même catégorie. De frères ennemis, ils sont passé alliés, voire même amis. Je pratique les 2 ensemble depuis maintenant 1 mois, et plusieurs choses sont frappantes. On est systématiquement (pour mon plus grand bonheur) grillé par les nombreux scoots aux feux rouges, scoots qu'on grille à notre tour quand on arrive tranquillement mais lancés au prochain feu. Le regard des scooteristes empreint de mépris et d'admiration mélés devant ma monture minuscule est le même qu'on soit en solex ou en mob. Je passe autant de temps à démonter ma mob (carbu, pot, bougie, et bientôt moteur et embrayage) qu'à mes débuts en solex. Et le plaisir de conduite est tout à fait comparable: chaque dépassement est un exploit, chaque côte à franchir est un everest, chaque anfractuosité dans la chaussée est un bleu de plus sur le cul.

 

 

Sérieusement, y a pas photo, si?

 http://www.scooter-lyon.com/scooter-125cm3/images/scooter-eurocka-star-G2.jpg http://i84.servimg.com/u/f84/13/64/43/27/2solex13.jpg http://joukekleerebezem.com/nqpaofu/2003imgs/mobylette.jpg

 

Que Seuls dans le cosmos se rassure, non je n'ai pas changé...

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 11:43

SVP, pour que j'ai encore des patients dans 2 ans... Mais surtout pour que dans 2 ans on voit toujours au détour d'une rue, ici une mémé sur son solex 2200, là un blouson noir sur une motobécane AV42. Et pas seulement ces monstres à 3 roues (Mp3), amas de plastique au design rond et stérile, hors de prix, bien souvent conduits par les jeunes cadres dynamiques en costard 3 pièces, rasés de près...

Pour signer, cliquez ici.

 

"NON AU CONTROLE TECHNIQUE !
A Monsieur le 1er ministre, président du comité interministériel de la sécurité routière
A Mesdames et Messieurs les députés de l’Assemblée Nationale
A Mesdames et Messieurs les sénateurs
A Monsieur le ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement
Objet : Abandon du projet de contrôle technique des cyclomoteurs
Lors du Comité Interministériel de la Sécurité Routière (CISR) qui s'est tenu le 18 Février 2010, l'une des 14 mesures décidées a été l’instauration d’un contrôle technique pour tous les cyclomoteurs à compter de 2012.
L’instauration d’un contrôle technique est inapplicable et sans intérêt pour les cyclomoteurs anciens.
On ne peut comparer par exemple un VéloSolex ou une Mobylette des années 60 à un scooter moderne, aussi bien sur le plan des performances que sur le plan de la signalisation ou du freinage.
On ne peut donc exiger d’un véhicule ancien qu’il réponde à des critères techniques modernes qui ne lui étaient pas imposés à sa date de fabrication.
Pour les véhicules anciens tenant à coeur des membres de ce collectif et des signataires de cette pétition, nous relevons les difficultés suivantes liées aux évolutions de la juridiction du cyclomoteur dans le temps :
La vitesse limite (aucune limitation avant 1963 – 50 km/h de 1963 à 1968 – 45 km /h depuis 1968)
La signalisation (feux stop, clignotants, etc… non prévus à l’époque)
La présence de rétroviseurs (non obligatoires à l’époque)
L’efficacité de freinage (des freins à patins, courants dans les années 50, n’ont pas l’efficacité des freins à disques modernes)
S’ajoute à ces critères techniques un problème administratif sur les certificats d'immatriculation. Depuis le 1er janvier 2011, les propriétaires de cyclomoteurs sont dans l’obligation de faire immatriculer leurs cyclomoteurs (modernes ou anciens) dès qu’ils sont amenés à rouler sur la voie publique.
Certains départements ont indiqué comme date de première immatriculation l'année de la mise en circulation du cyclomoteur mais d'autres ont indiqué la date d’enregistrement du certificat d’immatriculation (2007 à 2011) sans préciser la date de mise en circulation.
Comment réagira un contrôleur face un cyclomoteur des années 50 présentant sur sa carte grise une date de 2011 ?
Aura-t-il les mêmes exigences que pour un scooter effectivement fabriqué en 2011 ? Il le devrait.Nous n’avons pas besoin d’un contrôle technique pour simplement vérifier l’état des ampoules de phare. Nous sommes passionnés et collectionneurs, nos cyclomoteurs sont en excellent état, et contrôlés avant chaque sortie. Nos véhicules roulent peu.
De plus, les coûts engendrés par une telle mesure sont démesurés face à la valeur marchande de nos véhicules : pour un collectionneur possédant 10 cyclomoteurs, cela représente 500€ de dépense tous les deux ans.
Déjà beaucoup de collectionneurs ont renoncé à l'immatriculation : difficultés administratives dans certains départements, achat de plaque minéralogique (15 à 20 €) et fabrication d'un support de plaque puisque ces véhicules anciens n'en sont pas pourvus.
Le prix d’un contrôle technique et les difficultés matérielles que cela impliquera va provoquer la disparition de ce patrimoine, que nous nous efforçons de faire vivre, sans pour autant avoir d'influence sur la sécurité. La France fut le premier producteur de cyclomoteurs mondial pendant des dizaines d’années, il ne faut pas perdre cette mémoire !
Quelles que soient les raisons qui poussent à la mise en place de ce contrôle technique, la conséquence en sera très certainement la destruction (active ou passive par abandon) d'une grande partie du patrimoine industriel roulant que représentent ces machines qui véhiculent une forte image de la France d’antan, à travers le monde.
Les amateurs et collectionneurs de cyclomoteurs anciens vous demandent le retrait du contrôle technique des cyclomoteurs.
Nous restons à votre disposition pour toute précision technique et vous faire part de nos préoccupations plus en détail.
Nous vous prions de bien vouloir agréer l’expression de notre haute considération distinguée. "




Pour signer, cliquez ici.

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 01:48

Un texte que mon père a écrit sur son blog, il ya pas longtemps:

Zen and the Art of Motorcycle Maintenance


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Pirsig est généralement présenté comme un philosophe et écrivain américain, connu principalement pour son best-seller : « Zen and the Art of Motorcycle Maintenance » ZMM, publié en 1974. Son deuxième roman, Lila: An Inquiry into Morals a été publié en 1991.

(J’emploie le titre anglais, car difficilement traduisible. Dans la suite j’utiliserai l’abréviation ZMM. ZMM a été publié par William Morrow Publishers, après avoir été rejeté par 121 autres éditeurs)

Mais il faut s’intéresser de plus près à la biographie de  Pirsig, car ses livres sont largement autobiographiques.



Qui est en effet réellement Robert Pirsig ?

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Il y a le garçon de 9 ans avec un QI de 170 essayant de s’intégrer dans une école du Minnesota.

Il y a l’étudiant immature exclu, parce rentré trop tôt à l’université.

Il y a le paumé faisant la route dans le Montana

Il y a le GI de 18 ans en Corée, s’ouvrant à la philosophie orientale, et donnant des cours d’anglais

Il y a le passionné de motos, rédigeant des notices pour des revues techniques

Il y a le professeur d’écriture, radical dans sa recherche de la « Qualité », un autre mot pour la « Vérité » et  « l’idée du Bien » platonicienne.

Il y a le mari dangereux condamné à se faire soigner par électrochocs pour tenter de le débarrasser de ses obsessions mortifères.



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Il y a le père brisé tentant de renouer avec son fils Chris lors d’un voyage en moto

Il y a l’écrivain peinant pendant 5 ans et bouclant finalement son manuscrit en 2 mois dans un camping car

Il y a finalement l’auteur célèbre du « Zen and the Art of Motorcycle Maintenance » ZMM

Il y a le père brisé encore et toujours, à la suite de la mort son fils Chris, assassiné

Il y a enfin et pendant longtemps le marin se cachant et se réfugiant dans la réclusion de son bateau.






La Philosophie de Pirsig

J’avoue n’avoir pas compris grand-chose à la philosophie de Pirsig, je trouve même que ses interminables développements sur la « Qualité » et le Zen dont on ne peut rien dire, sont plutôt pénibles à lire et font partie de son côté pathologique. Je ne vois pas ce que cette quête de perfection apporte réellement à la philosophie.

Non, ce qui m’intéresse dans Pirsig, et ce qui est profondément humain, c’est qu’il mélange philosophie et histoire de sa propre vie. Il témoigne de son chautauka personnel. Avec le seul souci de retrouver la sérénité qu'il a perdue. Il veut comprendre ce qui, à un moment crucial de sa vie, l'a brusquement, un jour, rendu fou.


(Chautauka : « On appelait Chautauqua, autrefois, les spectacles ambulants présentés sous une tente, d'un bout à l'autre de l'Amérique, de cette Amérique où nous vivons. C'étaient des causeries populaires à l'ancienne mode, conçues pour édifier et divertir, pour élever l'esprit par la culture. »)




Zen and the Art of Motorcycle Maintenance (ZMM)

Roman philosophique, autobiographique, existentiel sur les souffrances d’un ancien professeur en quête d’un absolu mythique et indéfinissable, la « Qualité », interaction entre le sujet et l’objet.

C’est un livre sur le voyage et le vagabondage, la route et l’aventure, c’est un livre entre « Sur la route » de Jack Kerouack et « Easy Rider » de Dennis Hopper.


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On apprend qu’il sort d’un hôpital psychiatrique où son ancienne personnalité (qu’il nomme Phèdre) a été détruite à coups d’électrochocs. Dans son ancienne vie, il était un professeur d’anglais et de rhétorique passionné de philosophie. Tout va basculer quand il va se lancer dans l’étude du concept de Qualité. A la suite de ses recherches il met en place un système philosophique qui divise la pensée humaine en deux types : romantique et classique. Surtout, il voit en la Qualité la force créatrice au cœur de toute chose et qui transcende la dualité traditionnelle entre sujet et objet. Cette quête de la Qualité va l’entraîner dans la folie.


Et d'autant plus qu'il est devenu Phèdre sans le vouloir, ce disciple de Socrate qui osait tenir tête à son maître. Il est le fantôme de Phèdre, créature hideuse qui l'habite et qui hante ses nuits. Sous sa tente, il se réveille en hurlant dans son sac de couchage. «Qui es-tu, Phèdre? Où es-tu? Je vais te tuer!» Il le hait, il essaie de l'étrangler, de lui tordre son cou visqueux et de voir enfin son visage... Quel visage? Le sien, bien sûr, puisqu'il est Phèdre, puisqu'il est cette créature haïssable.


«Papa! Papa! crie son petit garçon terrorisé et en larmes, tu as voulu me tuer. Pourquoi?» Le père répond: «Non, pas toi, pas toi, c'est juste un rêve, un cauchemar.» Le fils continue: «Comme quand tu étais derrière cette porte en verre? Dans ce cercueil que tu ne voulais pas ouvrir?» Etait-ce un souvenir de l'hôpital psychiatrique? Etait-ce encore un rêve? Un rêve qu'il n'avait jamais raconté à personne, qu'il avait d'ailleurs oublié. Comment son fils en avait-il connaissance?

Le pauvre garçon - Chris - a déjà subi, lui, les premiers symptômes d'une crise psychotique et bien sûr il déteste ce voyage exécrable !


Et le zen ? On y fait à peine quelques allusions, sans plus. « Les seules pensées zen que vous puissiez trouver en haut d'une montagne sont celles que vous avez apportées avec vous. »

Quant à l’entretien des motocyclettes, l'auteur essaie de montrer qu'il obéit aux mêmes principes philosophiques qui régissent toute activité humaine. « Un moteur de motocyclette obéit point par point aux lois de la raison; et une étude de l’art de l'entretien des motocyclettes, c’est, en miniature, une étude de l’art du raisonnement. »

 

 

a voir aussi les commentaires...

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 11:40

Ce matin j'ai découvert Jacques Sternberg un écrivain inconditionnel du Zef (petit dériveur rustique) et surtout du Solex (avec qui il prétend avoir parcouru plus de 300 000 km).

Une photo sur son Zef:

 

http://www.locus-solus-fr.net/img/sternberg.jpg 

 

Une vidéo avec Roland Topor, sur laquelle on voit Sternberg avec son Solex.

J'ai sauté sur l'occasion pour m'offrir son bouquin Vivre en Survivant: démission, démerde, dérive. Tout un programme...

 

Dans ce bouquin, il y a un chapitre faisant l'éloge du Solex. Des extraits:

 

"De même que la Mobylette est le véhicule du garçon livreur ou du prolo pressé de bouffer du kilomètre pour aller pointer, le Solex est celui du calme raté, un peu employé, un peu représentant indolent de lui-même, un peu flâneur voyeur rêvasseur, qui est très évidemment en marge de son époque, de cette époque de sprints furieux, de virages pris à la corde, de folie routière, d'ambition forcenée et de rage d'arriver à plus de 200 km à l'heure au tombeau.

Le Solex était fait pour moi comme j'étais fait pour lui, rien de plus certain."

 

"Et, comme j'aurais pu le prévoir, mon Solex m'aura surtout servi, non pas à gagner du temps, mais à en perdre avec infiniment de douceur. Pour goûter cette douceur, il faut évidemment remplir certaines conditions: avoir en soi un inaltérable mépris de la vitesse et du record, savoir comment remettre à plus tard n'importe quel rendez-vous, préférer le vent aux courants d'air et le soleil à la chaleur des radiateurs, n'entretenir qu'un minimum d'ambition sociale, posséder au plus haut point l'art de faire passer le plaisir avant l'efficience et aussi celui de pouvoir à n'importe quel moment remettre les choses au lendemain. Il faut également entretenir une inépuisable soif de liberté, être toujours à la disposition, non pas d’un patron ou d'une femme, mais de cette liberté."


 

L'ensemble du chapitre est disponible ici: Solo pour un Solex (source Club Solex de Belgique)

 

Bonne lecture...

 

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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 17:18

Qu'est ce que la philosophie?

Ou

L'allégorie du Solex

 

 

 

La philosophie comme technique, non plus seulement sur le mode de l’être, mais plutôt du faire, nze diffère pas tellement de la mécanique d’un solex.

Premièrement, sur un solex, on constate toujours la panne avant de se poser la question « pourquoi il marche bien ? ». Un solex a toujours un problème (selon mon expérience relativement riche en la matière). De même la philosophie prend son départ quand il y a un problème, une maladie conceptuelle et réelle, qu’il faut curer. Je rejoins Epicure et Nietzsche pour une philosophie de la santé. Quand le solex, le corps, ou l’environnement sont respectivement en panne, malade, ou menacé, il y a alors besoin d’une cure : réparation par la mécanique, soins par la médecine, cure par la philosophie.

Deuxièmement, pour réparer un solex il faut de bons outils (ah ! cette sacré clé de 9 mm…). Pour commencer, il faut ranger et faire l’inventaire de ses outils, au besoin en créer. La philosophie fait de même avec les concepts. Les concepts sont des outils. Ainsi, on va aller emprunter à un autre philosophe un concept comme on emprunte un tournevis, un extracteur, ou un marteau à un ami. On va le modifier, l’adapter. Les bons outils sont d’ailleurs ceux qui s’adaptent le plus facilement à chaque situation.

            Ensuite, armé de nos « outils-concepts », on s’attaque à la panne. Or, pour s’attaquer à la panne, il faut se confronter à la bête : le solex, et la menace d’avoir, au premier contact, les mains déjà noires de graisse et autres résidus visqueux de carburants brûlés ; ou, pour la philosophie, le réel. Le raisonnement à vide ne menant dans les deux cas qu’à une perte de temps, plaisante certes, mais inutile. Non, des données sensibles sont nécessaires. Pour le solex, on le touche, on le manipule, on le regarde, on le scrute minutieusement, on hume aussi son odeur, parfois on goûte et surtout, on écoute attentivement (l’oreille est très importante pour le solex). De même, pour le philosophe, il faut vivre. Sentir, goûter, voir, entendre, toucher. C’est ainsi que se fait l’accumulation de données. Ce n’est pas autrement que je conçois l’approche du réel.

            Enfin, on commence à démonter. En mécanique comme en philosophie, il est parfois très difficile de démonter, bien plus ardu que de monter ou de remonter. Il faut d’abord enlever les carénages, les carapaces, regarder derrières les cachettes. On enlève donc les caches et on découvre un système complexe, plus ou moins abordable. On utilise alors nos outils-concepts pour démonter un pan du moteur, un tuyau qui gène et que l’on met de côté, on remonte peu à peu à la source, à l’origine de la panne. On prend un peu de recul et puis on s’y remet. De même en philosophie, on enlève conceptuellement les caches, l’apparente neutralité des institutions, du langage jusqu’à l’Etat, et on aperçoit alors un système complexe de valeurs. Difficile de voir le problème pour l’instant, alors qu'on a encore qu’une idée floue de l’ensemble. Alors on démonte pièce par pièce, nos outils virevoltants de toute part, démontant, coinçant, bloquant, arrachant parfois des monceaux de matière, ou de valeurs. Parfois une pièce résiste. Alors on flanque un grand coup de marteau, précis mais puissant, et le tour est joué, la pièce tombe d’elle-même. On cherche ce qui est sain, mais tout semble contaminé par la source. On tente alors une autre approche. Parfois on fait un essai dans le réel, qui se révèle souvent désastreux, voire qui aggrave encore le problème.

            Enfin, nous repérons la panne, le problème ! Certes, mais il nous reste encore à réparer, changer la pièce. Le rafistolage peut fonctionner mais on sait toujours que cela est temporaire et précaire. Non, il faut changer la pièce, la concevoir si elle manque, la tester, la modifier, l’adapter (en effet, ces pièces sont rarement standards, ce qui fait que chaque solex est un peu unique et subjectif, vraiment !). Bref, la pièce est trouvée, le tour est joué.

Mais il faut remonter tout ce que l’on a enlevé. Une autre tâche nous attend. Car toutes les pièces qui étaient connectées de près ou de loin à la pièce défectueuse, sont désormais totalement obsolètes. Bref, il faut tout changer. Là, on pousse un grand « Merde ! » retentissant et on envoie valser d’un coup de pied dédaigneux cette ferraille inutile, ou, sur un mode nostalgique, on l’expose comme vestige du passé. Et on reconstruit, on retente, on réessaie. On arrive enfin à un ensemble cohérent et qui fonctionne bien. Le temps d’un doux instant de bonheur.

Jusqu’à la prochaine panne. Très prochaine. Cependant, on se rend compte au bout d’un moment, non sans un brin d’ironie, que l’activité de réparer est en fin de compte assez plaisante, que la fatalité de la panne n’est pas si désagréable, et c’est avec un cœur enhardi que l’on se remet à la tâche quand cela est nécessaire.

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