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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 17:26

Mon premier solex était celui de ma grand-mère. Un 2200. Je l'ai récupéré en 1998 dans l'atelier de ma maison de vacances. Mes frères étaient passés par là et il manquait de nombreuses pièces. Bref pour le néophyte que j'étais le moteur était foutu. J'ai acheté un autre solex, un 3800, sur une brocante . Il m'a coûté 200Fr (30€), le moteur ne démarrait pas, mais aprèsun petit nettoyage... Il a démarré au quart de tour. J'ai donc mixé les 2 et j'ai obtenu mon premier engin à galet. Malheureusement je n'ai pas de photo, mais voilà en gros à quoi il ressemblait:

 

2solex13.jpg

 

Alors c'est vrai qu'au lycée, à côté des mobs, des nombreux ciaos (piaggio), et surtout des BOOSTERS, je n'en menais pas large. Mais bon, ça n'a pduré longtemps. Je passais plus de temps dessous (façon de parler) que dessus. Et finalement je l'ai abandonné au profit d'une motobécane 51 bleue, que j'ai transformée en mobocross. Pas mal aussi vous me direz. Pas de photo non plus malheureusement.

Et mon solex s'est remis à hiberner. Jusqu'au jour où...

 

 

Jusqu'au jour où, avec un ami, desoeuvré pendant l'été, on s'est mis en tête de fabriquer un engin. On a récupéré un cadre de 3800, et voilà ce qu'on a fait:

ST8_feat_arth.jpg

 

 

 

Image-019.jpg

 

Cela tient du Solex, dela trottinette, et du Sk8,d'où le nom Solexitrottiskate, ou Solexitrottisk8 (8 en anglais ça fait "eight"), ou plus court: ST8 (lire State).

 

Et donc le logo  :S T 8

 

 

 

ST8.jpg

 

LOGO-ST8.jpg

 

 

Ce qui est marrant, et assez déroutant, avec l'arrière en skate, c'est qu'on peut se pencher sans tourner.

Voilà une vidéo:

 

Voilà. La suite au prochain épisode.
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13 mai 2010 4 13 /05 /mai /2010 17:18

Qu'est ce que la philosophie?

Ou

L'allégorie du Solex

 

 

 

La philosophie comme technique, non plus seulement sur le mode de l’être, mais plutôt du faire, nze diffère pas tellement de la mécanique d’un solex.

Premièrement, sur un solex, on constate toujours la panne avant de se poser la question « pourquoi il marche bien ? ». Un solex a toujours un problème (selon mon expérience relativement riche en la matière). De même la philosophie prend son départ quand il y a un problème, une maladie conceptuelle et réelle, qu’il faut curer. Je rejoins Epicure et Nietzsche pour une philosophie de la santé. Quand le solex, le corps, ou l’environnement sont respectivement en panne, malade, ou menacé, il y a alors besoin d’une cure : réparation par la mécanique, soins par la médecine, cure par la philosophie.

Deuxièmement, pour réparer un solex il faut de bons outils (ah ! cette sacré clé de 9 mm…). Pour commencer, il faut ranger et faire l’inventaire de ses outils, au besoin en créer. La philosophie fait de même avec les concepts. Les concepts sont des outils. Ainsi, on va aller emprunter à un autre philosophe un concept comme on emprunte un tournevis, un extracteur, ou un marteau à un ami. On va le modifier, l’adapter. Les bons outils sont d’ailleurs ceux qui s’adaptent le plus facilement à chaque situation.

            Ensuite, armé de nos « outils-concepts », on s’attaque à la panne. Or, pour s’attaquer à la panne, il faut se confronter à la bête : le solex, et la menace d’avoir, au premier contact, les mains déjà noires de graisse et autres résidus visqueux de carburants brûlés ; ou, pour la philosophie, le réel. Le raisonnement à vide ne menant dans les deux cas qu’à une perte de temps, plaisante certes, mais inutile. Non, des données sensibles sont nécessaires. Pour le solex, on le touche, on le manipule, on le regarde, on le scrute minutieusement, on hume aussi son odeur, parfois on goûte et surtout, on écoute attentivement (l’oreille est très importante pour le solex). De même, pour le philosophe, il faut vivre. Sentir, goûter, voir, entendre, toucher. C’est ainsi que se fait l’accumulation de données. Ce n’est pas autrement que je conçois l’approche du réel.

            Enfin, on commence à démonter. En mécanique comme en philosophie, il est parfois très difficile de démonter, bien plus ardu que de monter ou de remonter. Il faut d’abord enlever les carénages, les carapaces, regarder derrières les cachettes. On enlève donc les caches et on découvre un système complexe, plus ou moins abordable. On utilise alors nos outils-concepts pour démonter un pan du moteur, un tuyau qui gène et que l’on met de côté, on remonte peu à peu à la source, à l’origine de la panne. On prend un peu de recul et puis on s’y remet. De même en philosophie, on enlève conceptuellement les caches, l’apparente neutralité des institutions, du langage jusqu’à l’Etat, et on aperçoit alors un système complexe de valeurs. Difficile de voir le problème pour l’instant, alors qu'on a encore qu’une idée floue de l’ensemble. Alors on démonte pièce par pièce, nos outils virevoltants de toute part, démontant, coinçant, bloquant, arrachant parfois des monceaux de matière, ou de valeurs. Parfois une pièce résiste. Alors on flanque un grand coup de marteau, précis mais puissant, et le tour est joué, la pièce tombe d’elle-même. On cherche ce qui est sain, mais tout semble contaminé par la source. On tente alors une autre approche. Parfois on fait un essai dans le réel, qui se révèle souvent désastreux, voire qui aggrave encore le problème.

            Enfin, nous repérons la panne, le problème ! Certes, mais il nous reste encore à réparer, changer la pièce. Le rafistolage peut fonctionner mais on sait toujours que cela est temporaire et précaire. Non, il faut changer la pièce, la concevoir si elle manque, la tester, la modifier, l’adapter (en effet, ces pièces sont rarement standards, ce qui fait que chaque solex est un peu unique et subjectif, vraiment !). Bref, la pièce est trouvée, le tour est joué.

Mais il faut remonter tout ce que l’on a enlevé. Une autre tâche nous attend. Car toutes les pièces qui étaient connectées de près ou de loin à la pièce défectueuse, sont désormais totalement obsolètes. Bref, il faut tout changer. Là, on pousse un grand « Merde ! » retentissant et on envoie valser d’un coup de pied dédaigneux cette ferraille inutile, ou, sur un mode nostalgique, on l’expose comme vestige du passé. Et on reconstruit, on retente, on réessaie. On arrive enfin à un ensemble cohérent et qui fonctionne bien. Le temps d’un doux instant de bonheur.

Jusqu’à la prochaine panne. Très prochaine. Cependant, on se rend compte au bout d’un moment, non sans un brin d’ironie, que l’activité de réparer est en fin de compte assez plaisante, que la fatalité de la panne n’est pas si désagréable, et c’est avec un cœur enhardi que l’on se remet à la tâche quand cela est nécessaire.

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